par Eric Howe, Programme de mise en valeur du bassin versant du lac Champlain

Une charge quotidienne maximale totale, ou CQMT est un budget de pollution. Dans le cas du lac Champlain, un tel budget fait référence à une quantité maximale de phosphore et il établit les objectifs de réduction des polluants nécessaires pour atteindre les objectifs de qualité de l’eau du lac. Dans de nombreuses parties du lac Champlain, une trop grande quantité de phosphore a engendré une prolifération d’algues et des problèmes connexes durant des décennies.

Le 17 juin, l’Environmental Protection Agency des États-Unis a publié les CQMT du phosphore pour 12 segments du lac Champlain au Vermont, lac d’une longueur de 120 milles séparant les États du Vermont et de New York et s’étirant vers le nord jusqu’au Québec. Les segments sont des zones dans lesquelles les sources du Vermont se déchargent dans le lac.

Le bassin du lac Champlain comprend 587 milles (945 kilomètres) de littoral. Crédit : PMVBPLC

Le bureau de la région 1 de l’EPA et plusieurs organismes gouvernementaux du Vermont ont entamé il y a cinq ans un processus de mise à jour des CQMT pour cet État. Ce processus s’amorce par une mise à jour d’un modèle de qualité de l’eau du lac qui tienne compte des récentes données de surveillance du lac et de ses affluents recueillies par le Programme de mise en valeur du bassin versant du lac Champlain. L’EPA a ensuite établi et calibré un deuxième modèle de bassin hydrographique pour mieux comprendre l’ampleur relative et la géographie des sources de phosphore, incluant les terres urbaines, agricoles et forestières de tout le bassin du lac Champlain.

Le modèle de bassin hydrographique a utilisé une évaluation détaillée des zones des sources essentielles du sous-bassin de la baie de Missisquoi, ce qui a été validé par la CMI.

L’évaluation a permis aux organismes ressources une meilleure compréhension des types et des emplacements des zones à cibler pour améliorer l’intendance des terres et réduire de façon significative les charges de phosphore dans la baie Missisquoi du lac Champlain.

L’étape de modélisation finale de la CQMT consistait à créer des outils pour simuler les effets des pratiques de gestion exemplaires, comme le travail de conservation du sol et les zones riveraines, pour la réduction du phosphore dans tout le bassin hydrographique. Ces outils de modélisation ont facilité la détermination de la réduction du phosphore requise pour chaque catégorie de source (comme les terres agricoles, les terres aménagées et les forêts) dans chaque cours d’eau se jetant dans le lac.

Alors pourquoi a-t-on défini des CQMT pour les sources du Vermont et non pour les sources de l’État de New York et du Québec? Les CQMT pour New York ont été définies en 2002 et elles restent en vigueur – la modélisation appuyant les nouveaux facteurs CQMT du Vermont tient compte des attributions pour New York de 2002.

La charge de phosphore peut contribuer à la prolifération des algues bleu vert dans certaines parties du lac Champlain. Crédit : PMVBPLC
La charge de phosphore peut contribuer à la prolifération des algues bleu vert dans certaines parties du lac Champlain. Crédit : PMVBPLC

Les CQMT pour le Vermont ont été mises à jour en raison d’une poursuite qui a contesté les CQMT de 2002 pour le Vermont, mais pas les CQMT pour New York. Aucune CQMT n’a été définie pour le Québec, parce que le processus de CQMT est inclus dans la U.S. Clean Water Act. Les contributions en phosphore du Québec dans la baie Missisquoi ont cependant été traitées en 2002 au moyen d’un protocole d’entente entre le Québec et le Vermont. Cette entente répartit la responsabilité de réduction du phosphore dans la baie entre les sources du Québec et celles du Vermont, et les entités mettent actuellement à jour l’entente maintenant que les CQMT ont été définies. Environ deux tiers de la charge totale de phosphore provient des sources du Vermont.

Les nouvelles cibles de réduction des CQMT de phosphore ont du mordant. Elles sont appuyées par l’adoption en 2015 par l’État du Vermont d’une loi historique (Loi 64) qui a significativement renforcé les exigences de réduction du phosphore pour les sources que sont les terres agricoles, les eaux pluviales, les routes de campagne et les forêts.

La Loi 64 fait partie d’un programme exhaustif pour réduire les apports de phosphore dans le lac Champlain au cours des deux prochaines décennies.

La qualité de l’eau dans la plus grande partie du lac Champlain est très bonne. La CQMT et le plan d’action du Vermont contribueront à l’amélioration des zones où une quantité excessive de phosphore continue de poser un problème. Crédit : PMVBPLC
La qualité de l’eau dans la plus grande partie du lac Champlain est très bonne. La CQMT et le plan d’action du Vermont contribueront à l’amélioration des zones où une quantité excessive de phosphore continue de poser un problème. Crédit : PMVBPLC

La restauration du lac est un lent processus qui exigera des efforts soutenus durant de nombreuses années, en particulier pour un lac de la taille du lac Champlain, mais l’EPA et les agences collaborant au projet croient que les éléments clés sont maintenant en place pour entraîner le rétablissement graduel de ce plan d’eau particulier.

http://www.ijc.org/fr_/blog/2016/08/16/new_vermont_lake_champlain_phosphorus_tmdls_completed/