COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Pour diffusion immédiate
Bedford, le 6 avril 2026 -Près d’une vingtaine d’entreprises agricoles du bassin versant de la baie Missisquoi entreprennent ces jours-ci l’ensemencement de plus de 400 hectares de leurs terres par la voie des airs, en recourant à des drones.
En survolant l’étendue de ces terres, l’équivalent de plus de 700 terrains de football, les drones relâchent des semences de trèfles au travers des jeunes pousses de blé d’hiver, qui ont été ensemencées l’automne dernier. Ce trèfle rouge va tranquillement s’implanter ce printemps, à l’abri de la céréale en croissance. Après la récolte du blé en juillet, le trèfle va pleinement profiter de la belle saison pour développer un généreux couvert végétal et de saines racines en profondeur. Les fleurs de trèfle feront le bonheur des abeilles, alors que ses racines vont contribuer à la santé du sol par l’apport de matière organique, le développement d’un bonne condition physique, perméable et aérée, et l’apport d’azote au sol par les bactéries fixatrices d’azote.
Cette contribution des légumineuses à l’azote du sol pourra ainsi se traduire en économie d’engrais pour les cultures qui vont suivre. En prime, la couverture de trèfles, maintenue jusqu’aux semis de maïs l’année suivante, va protéger les sols contre le ruissellement et l’érosion pendant la période critique de l’hiver et du printemps. Conserver cette terre dans les champs prévient ainsi les pertes de phosphore vers les ruisseaux et les rivières du bassin versant de la baie Missisquoi.
Un réseau ancré au sol
Bien que ces pratiques soient porteuses de bénéfices, elles ne représentent pas moins de défis importants pour les entreprises agricoles qui les intègrent à leur régie de cultures. Aussi, le partage d’expertise entre entreprises et conseillers agricoles est un atout important dans la transition à ces nouveaux systèmes de cultures.
Pour Urbain Sweennen, qui en est à sa troisième année de semis intercalaire par drone, « Le principal défi est de profiter des avantages de la culture de couverture, sans nuire à la croissance de la culture principale. L’incorporation au sol des plantes de couverture est aussi critique que leur implantation. »
Comme le souligne Aubert Michaud, coordonnateur de la Cohorte sur les régies innovantes 1 de l’OBV, « c’est maintenant deux cultures à gérer qui se côtoient dans le même champ. La fertilisation, le travail du sol, la protection des cultures sont tous interpellés. Ça présente tout un enjeu quand le gagne-pain en dépend. Lorsque vous verrez les champs de cultures de blé bien blond passer au vert tendre en juillet prochain, conservez une belle pensée pour les artisans du terroir de la baie Missisquoi. »
Table de concertation agricole de l’OBV – un retour en force
Ce grand chantier d’implantation de cultures de couverture 2 est coordonné par l’équipe de l’Organisme de bassin versant de la Baie Missisquoi (OBVBM) en collaboration avec la Table de concertation agricole mise en place en janvier dernier. La Table rassemble des entreprises agricoles des syndicats locaux de l’Union des producteurs agricoles (UPA) de Brome Missisquoi et du Richelieu, de même que des intervenants de l’organisme de bassin versant.
A la suite du chantier de semis de printemps dans le blé d’hiver, le groupe organise aussi un soutien à l’implantation de cultures de couverture dans le maïs et le soja. L’acquisition d’un semoir spécialisé 2 permettant de semer des plantes de couverture entre les rangs de maïs en croissance s’est appuyé sur les contributions en expertise de plusieurs producteurs locaux et des membres de la Table de concertation agricole. Le semoir pourra également être utilisé plus tard en saison pour l’implantation de cultures de couverture dans le soja, voir aussi pour les semis d’une nouvelle culture de blé d’automne. Bref, c’est tout le cycle de la rotation des grandes cultures du bassin versant qui est ciblé, afin d’améliorer la santé des sols et la qualité de l’eau. Ces actions témoignent d’une organisation agile et flexible, ancrée dans son milieu, et bien positionnée pour développer et mettre en œuvre des solutions adaptées aux réalités locales.
Pour information :
Aubert Michaud, PhD
Chercheur associé, Organisme de bassin versant de la baie Missisquoi
Courriel: aubert.michaud@obvbm.org
Cel. 418-951-4233

Urbain Swennen, producteur de grandes cultures à Bedford, accueille ses premiers semis par drone en 2024.
1 La Cohorte sur les régies innovantes est financés par le MAPAQ dans le cadre du programme Prime Vert – appui aux projets mobilisation, de concertation et de transfert de connaissance en agroenvironnement – cohorte régionale
2 L’implantation des cultures de couverture et l’achat du semoir intercalaire a été financé par le budget du Plan d’action phosphore de l’OBVBM 2025-2026. Cette initiative est prévue dans le cadre de la Stratégie québécoise de l’eau, qui déploie des mesures concrètes pour protéger, utiliser et gérer l’eau et les milieux aquatiques de façon responsable, intégrée et durable.
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L’Organisme de Bassin Versant de la Baie Missisquoi est un des 40 organismes reconnus par le Gouvernement du Québec pour coordonner la gestion intégrée et concertée de l’eau à l’échelle du bassin versant de la baie Missisquoi. Il a pour mission de favoriser la concertation des acteurs de l’eau de son territoire, d’améliorer et de protéger la qualité de l’eau et des milieux naturels, mais aussi d’informer, de consulter et de mobiliser la population autour des enjeux qui liés à la gestion de l’eau.
Source : Julie Reinling
Chargée de projet en mobilisation, concertation et communications
communications@obvbm.org