COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Pour diffusion immédiate
Bedford – 9 septembre 2026 — Le paysage automnal de la baie Missisquoi se transforme, alors que d’importantes superficies en chaumes de blé d’automne se couvrent d’une abondante couverture de trèfles. Depuis le battage du blé, les trèfles ont bien profité de l’ensoleillement et ont déjà presque atteint la hauteur du genou…
Mais encore faut-il savoir quoi en faire ?
C’est précisément la question qui a poussé un groupe de producteurs agricoles de la région à parcourir vendredi dernier toute la route 235, de Saint-Armand à Sorel, pour aller à la rencontre de Paul et Pierre Caplette, de Céréales Bellevue. Cette visite s’inscrit dans les activités de la cohorte Régie innovante en production de grandes cultures de l’Organisme de bassin versant de la baie Missisquoi (OBVBM).

Le trèfle prend racine dans le dans le bassin versant de la baie Missisquoi
La plupart des producteurs participants à la Cohorte ont semé des trèfles au sortir de l’hiver par la voie des airs, à l’aide de drones, directement dans le blé en croissance. Ce grand chantier d’implantation de cultures de couverture a été parrainé par la Table de concertation agricole qui rassemble des entreprises agricoles des syndicats locaux de l’Union des producteurs agricoles (UPA) de Brome Missisquoi et du Richelieu, de même que des intervenants de l’OBVBM.
Les producteurs sont donc allés vendredi dernier récolter directement à la ferme le partage d’expertise de pionniers dans la régie de cultures de couverture, qui comme Paul et Pierre Caplette, travaillent depuis plusieurs années à développer ces pratiques d’interculture, intégrant les trèfles et autres engrais verts, notamment dans le blé, le soja, le maïs ou les haricots.
« Le timing est bon. Nous avons actuellement des couvertures de trèfle très importantes dans nos champs et nous voulions voir comment en tirer le meilleur profit auprès de ceux qui ont développé ces systèmes depuis longtemps et les gèrent concrètement, » explique Sylvain Duquette, membre de la cohorte et producteur de Notre-Dame-de-Stanbridge.

Une culture qui peut réduire les intrants
Au-delà de la couverture du sol, le trèfle, en tant que légumineuse, fixe l’azote atmosphérique et contribue à réduire les besoins en fertilisants minéraux azotés des cultures de maïs qui lui succèdent. La couverture de trèfle bien implantée va aussi améliorer la structure et la santé des sols, à réduire la pression des mauvaises herbes et, conséquemment, à diminuer le recours aux herbicides.
Les bénéfices dépassent toutefois les limites du champ. En maintenant le sol couvert, le trèfle contribue à réduire l’érosion et le transport de sédiments et de phosphore vers les cours d’eau — un enjeu particulièrement important pour la qualité de l’eau et la protection de la baie Missisquoi.
Les préoccupations quant à la protection de la diversité et la réduction des émissions de gaz à effet de serre se reflètent également dans la régie de cultures et de l’aménagement des terres chez les Caplette. L’implantation récente d’une magnifique bande fleurie de Silphie au beau milieu de leurs champs en témoigne d’une belle façon.
Et comme le mentionnait Paul Caplette, « L’agriculture fait partie des incontournables pour réussir nos défis climatiques et biologiques du futur. À Céréales Bellevue, cette conviction se traduit concrètement par des hectares consacrés à la biodiversité, des aménagements pour les pollinisateurs et une volonté de faire de la ferme non seulement un lieu de production, mais aussi un milieu où la qualité de l’eau, des sols, des paysages et de la biodiversité s’améliore. »
Apprendre de ceux qui expérimentent
Pour les producteurs de la Cohorte, le déplacement chez les Caplette de Saint-Robert représente donc beaucoup plus qu’une simple visite de ferme. Il s’agit de partager une expertise directement auprès de producteurs qui expérimentent et perfectionnent ces systèmes de cultures depuis plusieurs années.
À l’heure où le trèfle colore le paysage agricole du bassin versant de la baie Missisquoi, les producteurs veulent maintenant s’assurer de transformer cette biomasse en gains agronomiques, économiques et environnementaux.
La Cohorte sur les régies innovantes en grande culture est financée par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation dans le cadre du programme Prime-Vert.

– 30 –
Source et renseignements :
Aubert Michaud
Chercheur associé
Organisme de bassin versant de la Baie Missisquoi
418-951-4233
aubert.michaud@obvbm.org